Comparatif Motos Chinoises par High side
High Side, l’émission de moto « la moins régulière du monde », revient avec une question qui agite tous les passionnés : les motos chinoises sont-elles en train de s’imposer comme une alternative crédible aux productions japonaises et européennes ? La vidéo dont nous nous inspirons — publiée sur la chaîne YouTube High Side — prend le sujet à bras le corps. Plutôt que d’aligner les promesses marketing, l’équipe a réuni trois machines de cœur de gamme, les a chaussées des mêmes pneus Michelin Power GP2, puis les a soumises à un programme maison censé « leur faire vivre le pire ».

Au casting : la CF Moto 800 NK Advance, la QJ Motor SRK 800 RR et la Benelli 752S. Trois approches très différentes d’une même équation — proposer une grosse cylindrée moderne, bien équipée, sous la barre des 10 000 €. Avant de juger sur pièce, les présentateurs rappellent un point essentiel : on manque souvent d’informations fiables sur ces jeunes marques. Les dossiers de presse sont maigres, les sites internet succincts, et l’expérience des années 90 a montré que la prudence reste de mise sur les chiffres annoncés. D’où l’idée de tout passer au banc et à la balance pour vérifier si les promesses tiennent.
1. Trois machines, trois philosophies venues de Chine

Le trio retenu reflète bien la diversité actuelle de l’offre chinoise. La CF Moto 800 NK Advance est décrite comme la plus technologique du lot : moteur bicylindre en ligne d’origine KTM, 95 chevaux, 189 kg sur la balance, et une débauche d’assistances électroniques pour 8 690 €. Parmi les originalités, un écran qui fait office de tableau de bord et qui intègre Apple CarPlay. De quoi donner une touche moderne à un roadster qui n’a pas à rougir face à une production européenne actuelle. Le bloc, visuellement, rappelle d’ailleurs très fortement celui d’une Duke, et le bras oscillant également. Autant d’indices d’une filiation technique avec KTM qui ne se cache pas.
La QJ Motor SRK 800 RR joue, elle, la carte de la sportive pure. C’est la première — et pour l’instant la seule — sportive chinoise de grosse cylindrée du marché. Son quatre cylindres en ligne développe 95 chevaux, des demi-guidons, un freinage Brembo radial et une position radicale pour 9 000 €. L’inspiration est ouverte : arrière de Ducati Panigale, avant de BMW S1000RR, et même un silencieux qui évoque un Akrapovič de Yamaha R1. On est ici dans la tradition assumée du « copie de tout ce qui existe », pour reprendre les mots de la vidéo. La moto est pensée pour enrouler entre deux vibreurs et n’a pas vocation à cacher son jeu.
Enfin, la Benelli 752S est présentée comme la plus européenne des trois. Bicylindre en ligne de 76 chevaux, 226 kg, cadre treillis tubulaire, suspensions et freinage de marque italienne : la fiche technique joue la carte transalpine. À 7 500 €, c’est la moins chère du comparatif. Et pour cause : la marque, fondée en 1911, a connu plusieurs disparitions avant d’être rachetée par QJ Motor en 2005. Elle est donc bien chinoise aujourd’hui, mais continue d’être imaginée à Pesaro, en Italie. Visuellement, le roadster assume une parenté évidente avec les productions italiennes contemporaines.
2. Le protocole : biscuits de fortune, route et banc de puissance

Le ton de la vidéo est donné dès l’attribution des motos : exit le tirage au sort classique. Les présentateurs piochent dans des « cookies chinois avec des messages dedans », comprenez des biscuits de fortune, pour décider qui prend quelle machine. L’un tombe sur la Benelli 752S, un autre hérite de la CF Moto. Le troisième biscuit, plus ambigu, tombe sur la QJ Motor — son message parle de perdant qui ne doit pas perdre la leçon, ce qui ne rassure personne mais déclenche l’hilarité. Chaque message glissé dans la pâtisserie est censé annoncer la tournure de l’épisode, façon horoscope comique de début d’émission.

Le deuxième temps fort, c’est la révélation des dossiers de presse. Sur les trois motos testées, le dossier CF Moto ne compte que douze pages, celui de la Benelli quatre. Seul celui de la QJ Motor paraît consistant, autour de 70 pages — le même volume que celui de la précédente Inside Test, la 600 GX. Conclusion évidente : on sait très peu de choses sur ces modèles, et l’information disponible est souvent succincte. D’où la décision de confier les trois motos à un banc de puissance pour vérifier les chiffres officiels avant la fin du sujet. Les résultats ont été placés dans une enveloppe scellée que personne n’ouvrira avant le verdict final.
Le troisième temps fort du protocole, c’est l’équipement identique. Les trois motos reçoivent les mêmes Michelin Power GP2, un pneu censé fonctionner aussi bien sur route que sur piste. L’idée est simple : à gomme égale, à monte égale, les différences ne pourront plus être mises sur le compte du pneumatique. Cela permet d’envisager, dans la suite du sujet, de pousser les machines sur circuit pour comparer leurs limites dans des conditions strictement identiques.
3. Premières impressions sur la route : la surprise joue en faveur des Chinoises
Une fois en selle, le constat est unanime : après seulement dix kilomètres, aucun témoin au tableau de bord, aucune panne, aucun bruit suspect. Les motos roulent et c’est déjà, en soi, une information. Le premier intervenant résume l’état d’esprit général : « si j’avais eu les yeux bandés, je n’aurais jamais deviné que c’est une moto chinoise ». Tout le monde se souvient de l’image dégradée qu’avaient ces productions il y a encore quelques années, et personne n’ose trop se réjouir trop vite, par superstition autant que par prudence.

Sur la Benelli 752S, le quatre cylindres en ligne se montre onctueux, les commandes tombent naturellement sous la main, la position de conduite n’est pas désagréable. Pour autant, le deuxième avis tempère l’enthousiasme : « ce serait une bonne moto d’il y a 15 ans ». La Benelli apparaît un peu lourde, un peu datée, moins agile qu’une moto moderne. Ce n’est pas mauvais, mais on sent le poids et l’ancienneté de la plateforme. Sur une sportive moderne, la comparaison tournerait court, mais dans la perspective d’un roadster tranquille, le bilan reste correct.
Sur la CF Moto, la surprise est plus nette. Les yeux fermés, le présentateur qui la chevauche se dit incapable de dire de quelle marque il s’agit, et il retrouve « un peu le caractère moteur de la 790 KTM ». Forcément : le bloc est d’origine autrichienne, produit en partenariat avec KTM pour le marché asiatique. À l’usage, la CF Moto se montre donc plutôt sympa, et tranche avec l’image dégradée que l’on garde parfois des productions chinoises. L’autre essai note également qu’on n’est pas face à une moto « haut de gamme » au sens européen, mais qu’on est très au-dessus de ce que l’on aurait imaginé à ce tarif.
4. Qui fait quoi : QJ Motor, CF Moto et Benelli en quelques chiffres

Pour y voir plus clair, la vidéo revient sur l’origine industrielle de chaque constructeur. QJ Motor est basé à Congqing, une ville « plutôt immense en Chine » où le groupe produit, selon les chiffres avancés dans la vidéo, 1,2 million de motos par an. Son catalogue compte 57 machines différentes, ce qui en fait l’un des plus gros fabricants chinois. Le nom QJ correspond aux initiales de la ville. Une partie de cette production est destinée à l’export, dont l’Europe, à travers notamment la marque Benelli. À cette échelle, on parle d’un acteur industriel de tout premier plan, pas d’un petit assembleur opportuniste.

C’est justement ce rachat, officialisé en 2005, qui lie aujourd’hui QJ Motor à Benelli. La marque italienne, fondée en 1911, a connu plusieurs disparitions et résurrections avant de tomber dans l’escarcelle chinoise. Les motos continuent pourtant d’être conçues et développées à Pesaro, en Italie, et la marque a même réussi à placer un trail en tête des ventes en Italie. Pour les amateurs de trails et de machines agricoles, Benelli n’a donc rien d’un inconnu : c’est une marque historique européenne, remise au goût du jour par un actionnaire chinois.
CF Moto, enfin, est surtout connu en France comme le leader du marché quad et SSV. Pour la moto, le constructeur travaille en partenariat avec KTM, produit certains modèles autrichiens pour le marché asiatique, et utilise des technologies partagées. Le moteur de la 800 NK, par exemple, est un dérivé du bloc KTM. Sur le papier, la marque a donc « de quoi faire quelque chose de plutôt pas mal », pour reprendre la formule de la vidéo. Ce partenariat explique aussi pourquoi le roadster 800 NK se révèle, à l’usage, plus homogène que ce que l’on aurait craint d’un assemblage sans histoire technique.
5. Ce qu’on attend encore : comportement, fiabilité dans la durée et chiffres réels

La vidéo ne livre pas de verdict définitif. Elle s’arrête, comme souvent dans ce format, sur les premières impressions et sur l’état d’esprit général après quelques kilomètres. Plusieurs questions restent ouvertes et sont honnêtement posées comme telles. D’abord, comment ces trois motos se comportent-elles une fois la cadence montée sur circuit ou sur route sinueuse ? Les pneus Michelin Power GP2, identiques sur les trois machines, permettent justement d’envisager un passage piste pour comparer les limites. La vidéo promet explicitement de revenir sur ce point.

Ensuite, la fiabilité dans la durée : sur ce type de jeunes marques, l’historique de pannes et de SAV reste mince en Europe. Les premiers retours sont encourageants — aucune alerte au tableau de bord après dix bornes — mais on ne dispose pas encore d’un recul suffisant pour juger la tenue dans le temps. Les présentateurs rappellent d’ailleurs que, dans les années 90, certains constructeurs n’hésitaient pas à gonfler les chiffres de puissance ou à alléger la fiche technique. Rien ne permet de dire que c’est le cas ici, mais le doute méthodique reste de mise. Enfin, les chiffres annoncés par les constructeurs eux-mêmes : la puissance, le poids, parfois la consommation. C’est précisément pour cela que les motos sont passées au banc et à la balance, et que les résultats seront révélés « en fin de sujet », selon la formule consacrée. La vidéo laisse donc volontairement la conclusion en suspens, façon de prolonger le suspense pour les abonnés de la chaîne.
6. Comparatif motos chinoises : ce qu’il faut retenir pour un éventuel achat

Pour un acheteur potentiel, trois motos à moins de 10 000 €, neuves, bien équipées et revendiquant des niveaux de performance comparables à ceux des japonaises milieu de gamme, cela change pas mal de choses. Sur le papier, la CF Moto 800 NK Advance est la plus technologique et probablement la plus homogène du lot, grâce à son partenariat technique avec KTM et son équipement électronique complet. La QJ Motor SRK 800 RR est la plus radicale et la plus sportive, mais aussi celle qui assume le plus ouvertement ses inspirations chez Ducati, BMW ou Yamaha. La Benelli 752S, enfin, joue la carte de la douceur d’utilisation et du prix plancher, au prix d’une sensation de machine un peu datée.

Reste un point que la vidéo n’élude pas : à ce niveau de prix et sur ce type de marques récentes, le conseil classique reste de vérifier les chiffres affichés, de comparer avec un essai de sport moto indépendant, et de garder en tête que la qualité perçue sur les dix premiers kilomètres ne préjuge pas toujours de la fiabilité sur cinq ans. Pour les constructeurs historiques comme Honda, Yamaha, Suzuki ou Kawasaki, le réseau et le SAV restent un argument massif à mettre dans la balance. Mais il est désormais impossible d’ignorer que des marques comme CF Moto, QJ Motor ou Benelli produisent des motos tout à fait présentables, et que le choix d’une moto chinoise en 2025 n’est plus un choix par défaut.
7. FAQ

Les motos chinoises sont-elles vraiment au niveau des japonaises ?
Sur ces trois modèles, les premières sensations sont encourageantes : motorisations douces, commandes saines, position de conduite correcte. Rien ne permet, sur ces dix premiers kilomètres, de dire qu’elles sont au-dessus des productions japonaises. Mais l’écart de perception s’est clairement réduit par rapport à ce que l’on connaissait il y a quelques années.

Quel est le prix de la CF Moto 800 NK Advance ?
La CF Moto 800 NK Advance est affichée à 8 690 € dans la vidéo, avec une dotation électronique très complète pour le tarif et un écran compatible Apple CarPlay.
Quel est le prix de la QJ Motor SRK 800 RR ?
La QJ Motor SRK 800 RR est annoncée à 9 000 € dans la vidéo. C’est la première sportive chinoise de grosse cylindrée disponible sur le marché, équipée notamment d’un freinage Brembo radial.
Quel est le prix de la Benelli 752S ?
La Benelli 752S est la moins chère du comparatif, à 7 500 €. C’est aussi celle qui apparaît la moins moderne à l’œil des essayeurs.
Benelli est-elle encore une marque italienne ?
Benelli est une marque fondée en 1911 en Italie, mais elle a été rachetée par le constructeur chinois QJ Motor en 2005. Les motos sont toujours développées à Pesaro, en Italie, mais la maison-mère est aujourd’hui chinoise.
QJ Motor est-il un petit fabricant ?
Pas du tout. Selon la vidéo, QJ Motor produit 1,2 million de motos par an depuis son site de Congqing et propose 57 modèles différents. C’est l’un des plus gros acteurs chinois du secteur.
Les chiffres de puissance annoncés par les constructeurs chinois sont-ils fiables ?
La vidéo ne tranche pas la question. Les motos ont été confiées à un banc de puissance et les résultats seront comparés aux chiffres officiels « en fin de sujet ». Par prudence, mieux vaut donc attendre ce passage au banc avant de prendre les données constructeur pour argent comptant.
8. Conclusion
Au terme de ce premier épisode comparatif, la conclusion de la vidéo reste volontairement ouverte : les trois motos chinoises du jour roulent, ne tombent pas en panne au bout de dix bornes, et donnent des sensations honnêtes, parfois même très correctes. Mais le verdict complet — comportement à haute vitesse, tenue sur circuit, fiabilité des chiffres annoncés et, surtout, vérifications au banc de puissance — est gardé pour la fin du sujet. Pour un magazine moto, le message est clair : les productions chinoises ne sont plus une curiosité, elles sont un vrai segment de marché, et il serait temps de les juger sur pièce plutôt que sur leur origine.

Retrouver la vidéo complète ci-dessous :
