Africa Twin 1100 2023 Vs 2026 par Lucas MotoVlog

On a posé deux Africa Twin 1100 côte à côte dans un atelier, à des milliers de kilomètres du Japon : une 2023 noire, que le présentateur possède depuis déjà quelques saisons, et une 2026 blanche, achetée à São Paulo et ramenée par avion pour l’exercice. La Honda Africa Twin reste l’une des maxitrails de référence sur le marché, et c’est précisément ce statut qui rend la comparaison intéressante. Reste à savoir si le constructeur japonais a vraiment fait évoluer sa machine entre ces deux millésimes, ou s’il s’est contenté d’un léger coup de crayon sur une base technique inchangée. Voici ce que les deux motos elles-mêmes racontent, point par point, quand on les observe sans a priori et qu’on les manipule dans un atelier.

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1. Mise en scène : deux Africa Twin face à face

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La vidéo s’ouvre sur un atelier un peu en désordre, avec deux motos alignées au centre du champ. À gauche, l’Africa Twin 1100 millésime 2023, dans une livrée noire, celle que le présentateur a déjà en sa possession. À droite, l’Africa Twin 1100 millésime 2026, de couleur blanche, ramenée de São Paulo après un achat在当地. Les deux machines sont posées sur leur béquille, face à face, prêtes pour l’inspection. Le présentateur est accompagné d’un ami prénommé Henrique, et le ton de la vidéo est celui d’une discussion entre passionnés, sans filtre marketing.

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Le principe est simple et tient en quelques mots : on fait le tour des deux motos, on note ce qui change visuellement, puis on allume les contacteurs pour comparer l’instrumentation, les éclairages, les menus et la disposition des commandes. Le présentateur procède par observations successives, en s’appuyant sur ce que l’œil perçoit immédiatement et sur ce que les commandes confirment ensuite. On évite ainsi tout jugement à partir de simples photos : on regarde la pièce, on la touche, on la manipule quand c’est possible. La vidéo gagne en crédibilité ce qu’elle perd en mise en scène.

Première impression, partagée par les deux intervenants : les deux motos se ressemblent énormément. À tel point qu’à plusieurs mètres, sans s’approcher, on pourrait croire qu’il s’agit de la même machine. La silhouette générale, le dessin du réservoir, la position du bloc optique, l’implantation des clignotants, la ligne d’échappement, la forme de la selle, la position du guidon : tout cela est conservé. La 2026 n’est pas une refonte, c’est une mise à jour. Reste à savoir où Honda a placé le curseur, et si les changements — même discrets — justifient la comparaison. La vidéo, justement, prend le temps de chercher ces différences une à une, plutôt que de se contenter d’un regard d’ensemble.

 

2. La bulle et son nouveau réglage

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C’est le premier élément que le présentateur pointe du doigt, et pour cause : la bulle de la 2026 reçoit un mécanisme de réglage qui n’existait pas, ou pas sous cette forme, sur la 2023. Il s’agit d’un petit dispositif manuel, sans outil, qui permet d’ajuster la hauteur de l’écran en quelques secondes. Sur la 2023, la modification de la position demandait soit un démontage, soit l’ajout d’une cale — beaucoup d’utilisateurs avaient recours à des solutions aftermarket pour gagner quelques centimètres de protection supplémentaires. La 2026 corrige ce point sans demander la moindre intervention.

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Le présentateur montre le geste : on tire, on pousse, on clique, la bulle change d’inclinaison. Le verrouillage paraît simple et ne demande aucun effort particulier. Henrique note que ce type de réglage existait déjà sur certaines concurrentes directes, et cite nommément la BMW 1250, qui dispose d’un système comparable depuis plusieurs millésimes. L’arrivée de ce dispositif sur l’Africa Twin n’est donc pas une révolution, mais bien un rattrapage : Honda se met au niveau de ce qui se fait ailleurs depuis un moment, sans chercher à prendre la tête du peloton sur ce point précis.

Pour autant, la forme générale de la bulle reste très proche de celle de la 2023. On ne change pas de silhouette, on ajuste un détail fonctionnel. Pour un motard qui alterne entre conduite solo, passager et longs trajets autoroutiers, ce type de réglage rapide change concrètement le confort de roulage : on abaisse la bulle en ville pour ne pas avoir le vent dans la nuque, on la remonte sur autoroute pour se protéger du flux d’air. C’est un ajout discret, mais qui pèse dans l’usage quotidien et qui, surtout, ne nécessite plus d’acheter une bulle aftermarket pour obtenir ce résultat. C’est aussi un aveu implicite que la 2023 pêchait par son réglage d’origine.

 

3. Le bloc optique redessiné

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Deuxième point soulevé par Henrique dès qu’on se place face aux deux motos : le phare a changé. À l’œil, la signature lumineuse n’est plus la même : les éléments internes, la disposition des LED, la façon dont la lumière est projetée au sol, ont été retravaillés. Le présentateur, qui avait vu la 2026 en photo avant de la recevoir, parle d’une évolution visible surtout quand on regarde la moto sous un certain angle. À bout portant, la différence saute aux yeux ; à distance, elle se devine plus qu’elle ne s’affirme.

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La comparaison devient intéressante quand on s’attarde sur les LED diurnes. Sur la 2023, l’éclairage est plus classique, plus sage ; sur la 2026, la signature adopte un dessin en X, plus expressif, qui s’inscrit dans les codes esthétiques déjà vus sur d’autres trails et roadsters de la gamme. Les deux intervenants relèvent un parallèle visuel avec un autre modèle auquel ils font référence en utilisant un terme familier dans leur conversation, mais sans qu’il soit nécessaire d’identifier précisément ce modèle pour comprendre leur propos. Le message implicite est clair : Honda s’aligne sur des codes esthétiques déjà connus, et le fait sans complex.

Le reste du bloc — feu de position, feu de route, feu de croisement — conserve la même implantation. C’est le dessin intérieur qui évolue, pas la carrosserie ni les fixations. Conséquence pratique pour les propriétaires de 2023 : les pièces de carrosserie restent interchangeables entre les deux millésimes, ce qui peut rassurer ceux qui chercheraient une pièce d’occasion ou un élément de tuning compatible. Mais pour celui qui achète neuf, c’est bien la signature visuelle qui change en premier lieu, et c’est cette signature qui donne à la 2026 sa petite touche de modernité.

 

4. Clignotants et feux arrière : la continuité

Les clignotants, justement, font l’objet d’une vérification rapide. Les deux paires s’allument, et le constat est immédiat : la fonction est identique, le clignotement est identique, la sonorité du relais est identique. Rien ne distingue l’avant de la 2026 de celui de la 2023 sur ce point précis. C’est un choix de continuité qui s’explique à la fois par la robustesse de l’élément d’origine et par le coût qu’aurait représenté un redesign pour un composant qui n’apporte, fonctionnellement parlant, aucune marge de progrès supplémentaire.

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Le feu arrière, lui aussi, reste très proche. Les deux intervenants ne relèvent aucune différence notable, ni dans la forme du bloc, ni dans l’intensité lumineuse, ni dans le mode de clignotement, ni dans la signature visuelle de nuit. Là encore, la logique de Honda semble être : on ne change pas ce qui fonctionne, on concentre les moyens sur les éléments qui apportent une vraie plus-value à l’œil ou à l’usage quotidien. Les clignotants et le feu arrière ne figurent pas, visiblement, sur la liste des priorités du millésime 2026.

Cette continuité a un effet intéressant sur la perception globale des deux motos. La 2023, vue de l’arrière ou de trois-quarts avant, peut être confondue avec une 2026 par un œil non averti. C’est un indicateur du soin que Honda met à ne pas brusquer sa clientèle existante. Le possesseur d’une 2023 n’a pas le sentiment d’avoir une moto démodée au quotidien, et c’est probablement voulu. Mais inversement, le possesseur d’une 2026 n’a pas le sentiment d’avoir fait un saut technologique majeur en passant à l’achat. Tout l’enjeu de l’évolution de l’Africa Twin se joue donc ailleurs que dans les feux et les clignotants.

 

5. L’écran et le tableau de bord

Les deux motos sont ensuite mises sous contact. Les deux écrans s’allument en même temps, affichent la même séquence de démarrage, le même logo, le même message d’accueil. La taille de la dalle est identique, confirme Henrique après avoir placé les deux motos au même niveau. Le plastique de protection, la bordure, la position du boîtier sur le dessus du faux réservoir : tout est repris à l’identique. Honda a fait le choix de ne pas investir dans un nouvel écran, alors que certains concurrents passent à des dalles plus grandes, plus lumineuses, ou à des affichages TFT plus sophistiqués.

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Une différence, pourtant, est relevée par le présentateur : sur la 2026, la gestion jour/nuit de l’affichage serait plus fine, avec un mode automatique qui ajuste la luminosité de la dalle en fonction de la lumière ambiante, sans que le motard ait à intervenir. Sur la 2023, ce mode existait déjà, mais le rendu serait moins net. Le présentateur reste prudent sur ce point, notant qu’il tient ses observations d’un examen rapide et qu’un essai prolongé permettrait de trancher. Il relève simplement que « si je ne me trompe pas, il devient noir, d’accord ? » lorsqu’on passe d’un environnement lumineux à un autre, ce qui est cohérent avec un mode nuit automatique.

L’interface logicielle, quant à elle, semble inchangée. On retrouve les mêmes menus, les mêmes modes de conduite, les mêmes indications de consommation, de rapport engagé, de température moteur, de pression des pneus lorsque la moto en est équipée. Le présentateur insiste : c’est la même chose d’un millésime à l’autre. Pour les utilisateurs qui ont appris à maîtriser la 2023, la transition vers la 2026 sera donc immédiate, sans phase d’apprentissage. Pour les autres, c’est l’assurance de pouvoir s’appuyer sur une ergonomie connue et bien documentée, ce qui n’est pas un point négligeable sur une moto destinée aux voyages au long cours.

 

6. Mécanique : un copier-coller assumé

Le moment le plus attendu de la comparaison, c’est évidemment la partie mécanique. Et là, la déception — ou le soulagement, selon le point de vue — est au rendez-vous : le moteur est strictement identique entre les deux millésimes. Le bicylindre parallèle de 1084 cm³, ses supports, ses silentblocs, sa boîte de vitesses, son embrayage, son système de gestion électronique, son admission et son échappement : tout est repris de la 2023. Les deux intervenants parlent sans détour d’un copier-coller entre les deux générations, et le mot n’est pas galvaudé.

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Cela signifie concrètement que la puissance, le couple, la courbe de réponse, la consommation, le poids du moteur, son encombrement dans le cadre, ne bougent pas d’un iota. Pour celui qui connaît la 2023 sur la route, la 2026 se comportera exactement de la même façon, avec les mêmes qualités et les mêmes petits défauts s’il en existe. Les puristes regretteront peut-être l’absence d’un gain de puissance, d’une nouvelle calibration ou d’une électronique plus fine, mais Honda assume clairement une stratégie de continuité : on ne change pas une mécanique qui a fait ses preuves, surtout sur une moto dont la fiabilité est l’un des arguments de vente majeurs.

Le reste de la partie cycle — cadre, suspensions, freinage — suit la même logique. Les disques de frein sont les mêmes, les étriers sont les mêmes, le diamètre des disques est inchangé. Le bras oscillant, l’amortisseur arrière, la fourche inversée : rien ne change. La 2023 et la 2026 partagent donc l’intégralité de leur architecture mécanique et de leur géométrie, ce qui en fait, sur le papier, des motos quasi jumelles une fois le contact coupé et les carénages masqués. Seuls les éléments de carrosserie, d’interface et de petite finition viennent différencier les deux millésimes, et c’est précisément ce que la vidéo s’attache à recenser.

 

7. Le réservoir et la selle

Le réservoir est l’un des points sur lesquels le présentateur hésite le plus. À première vue, en arrivant près des motos, il a l’impression que le réservoir de la 2026 est plus fin, c’est-à-dire moins volumineux visuellement. Mais quand il invite Henrique à regarder de plus près, à prendre l’appareil photo et à filmer au plus près, le doute s’installe : la différence, si elle existe, est minime, voire imperceptible. Les deux réservoirs affichent la même contenance, le même dessin général, la même intégration dans la ligne de la moto, et la même jonction avec la selle et les carénages latéraux.

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Le présentateur revient alors sur sa première impression : il avait cru, en arrivant près de la moto, que le réservoir avait été redessiné. Mais une inspection plus attentive montre qu’il n’en est rien. Honda n’a pas touché à cet élément central, qui conditionne à la fois l’autonomie, le poids visuel de la moto et l’ergonomie en position de conduite. C’est un choix logique : le réservoir est l’un des éléments les plus visibles et les plus critiques d’un trail, et le modifier aurait entraîné un travail en cascade sur l’assise, le guidon, la position des jambes et l’emplacement du tableau de bord. Mieux vaut ne rien changer que de risquer de casser un équilibre qui fonctionne.

La selle, en revanche, reçoit une attention particulière. Le présentateur note que la 2026 dispose d’une selle légèrement différente, plus volumineuse à l’arrière, mieux rembourrée sur la zone passager, qui selon ses termes « aime marcher avec un gros derrière chaud ». L’expression est familière, mais le message est clair : la selle passager de la 2026 a été retravaillée pour offrir plus de surface et plus de confort, probablement en réponse à des retours clients qui regrettaient l’étroitesse ou la fermeté de la version précédente. À vérifier à l’usage sur un long voyage, mais le geste est là, et il est bienvenu pour les motards qui roulent régulièrement à deux.

 

8. La connectivité : USB-C et CarPlay

On bascule ensuite sur un terrain plus moderne, et plus attendu par la clientèle actuelle : la connectivité. Les deux intervenants découvrent, en manipulant les motos, que la 2026 dispose d’un port USB, et plus précisément d’une prise de type C, dissimulée dans un petit compartiment à l’abri des regards. C’est un ajout discret mais attendu, qui permet de recharger un smartphone, un GPS ou une caméra embarquée lors d’un long trajet. Sur la 2023, ce port n’existait pas — ou du moins pas à un endroit aussi accessible. Le présentateur s’en amuse, évoquant au passage l’absence d’une prise allume-cigare, qui n’a pas lieu d’être sur une moto de cette catégorie.

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Mais la vraie nouveauté, c’est la compatibilité Apple CarPlay. La 2026 est capable d’afficher, sur son écran de bord, l’interface CarPlay avec les applications de navigation, de musique et de messagerie, exactement comme dans une voiture moderne. Le présentateur reste bouche bée devant la démonstration : « Imaginez un voyage, une voiture utilisera Waze sur une moto. Dans une moto, je n’aurais jamais imaginé ça. » Le parallèle avec l’univers automobile est explicite, et il dit beaucoup de l’évolution des motos vers des standards empruntés à l’automobile, avec quelques années de décalage.

La 2023, en revanche, ne dispose pas de CarPlay. Pour bénéficier d’une fonction équivalente, il faut passer par un adaptateur Bluetooth tiers, ce qui est techniquement faisable mais ne procure pas la même intégration ni la même qualité d’affichage. Le présentateur insiste sur ce point : « ici, CarPlay est disponible sur la chaîne 26 », autrement dit sur le modèle 2026. Pour les utilisateurs qui considèrent la connectivité comme un critère d’achat, c’est un argument de poids, même si, en contrepartie, l’écran reste le même et ne profite pas d’un format plus grand ou plus lisible. C’est la fonction qui progresse, pas l’interface qui l’accueille.

 

9. Les petits détails qui changent

Au-delà des grands postes que nous venons d’évoquer, la comparaison s’attarde sur une série de petits détails qui, mis bout à bout, dessinent la personnalité propre de la 2026. Le premier est cette petite pièce que les intervenants appellent « chapeau », située à l’arrière, au-dessus du compartiment où se range la trousse à outils ou le câble USB. Sur la 2026, ce chapeau est plus grand que sur la 2023, et il sert précisément à protéger ce qui se trouve en dessous de l’agression directe du soleil. Le présentateur rappelle que des utilisateurs se plaignaient de voir le panneau « brûler » — comprendre : subir une exposition solaire trop intense qui dégrade la matière — et que Honda a corrigé le tir en élargissant cette protection.

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La poignée passager, à l’arrière, reçoit également un traitement différent. Sur la 2026, elle porte un petit marquage, une inscription discrète, que les deux intervenants peinent à lire en raison de la couleur noire de la pièce — « du truc noir, mec, c’est presque impossible à voir ». Sur la 2023, ce marquage est absent ou différent. C’est un détail, mais il est révélateur : Honda cherche à singulariser visuellement la 2026, même là où la fonction reste identique à la version précédente. C’est le genre de signature qui se remarque surtout quand on regarde la moto sous un bon éclairage, à bout portant.

Les poignées de guidon, la mousse de selle, les commodos gauche et droit, les rétroviseurs, les repose-pieds : tout est repris de la 2023, à quelques variations de finition près. Le présentateur note que les couleurs ont changé, que les stickers ont été repensés, que le design graphique des carénages a été légèrement redessiné, mais qu’il ne s’agit pas d’une refonte de fond. C’est un toilettage, pas une révolution. La 2026 reste fondamentalement une 2023, mais habillée pour la nouvelle saison, avec quelques raffinements ciblés sur les points qui fâchent et sur les fonctions qui font vendre.

 

10. Bilan : une évolution, pas une révolution

Au terme de la comparaison, le verdict des deux intervenants est sans ambiguïté : la différence entre l’Africa Twin 1100 2023 et la 2026 est minimale. Honda a pratiquement maintenu toutes les pièces mécaniques à l’

 

11. Les couleurs et le graphisme : la patte 2026

Dans la vidéo, le premier indice qui permet de distinguer la 2023 de la 2026 est purement visuel : la couleur de la carrosserie. La 2026 est noire, sobre, presque uniforme, tandis que la 2023 arbore ce que les intervenants appellent la « couleur du Brésil », un ensemble de teintes plus contrastées qui rappellent les codes graphiques de la marque sur certains marchés d’Amérique latine. Cette opposition n’est pas qu’esthétique : elle illustre la stratégie de Honda, qui consiste à faire évoluer le design de surface sans toucher à la mécanique.

Le graphisme des carénages, les stickers, les lettrages sur le réservoir, les marquages sur les caches latéraux : tout a été revu sur la 2026. Ce travail est pensé pour qu’un œil non averti, en passant devant la moto, identifie immédiatement le millésime. C’est un exercice marketing classique chez les constructeurs japonais, qui renouvellent les codes visuels plus fréquemment qu’ils ne renouvellent la technique. Cela permet de relancer l’intérêt des clients sans engager de frais de développement lourds, et de proposer chaque année un « nouveau » modèle dans les concessions, même si la base technique reste identique.

Pour l’acheteur, ce choix a un avantage concret : il peut obtenir le look de la dernière saison sans avoir à payer un surplus lié à une refonte mécanique. Pour le puriste, c’est un peu frustrant, car la moto neuve qu’il achète est, sur le plan technique, très proche de celle qu’il aurait pu acheter un an plus tôt. Mais c’est aussi ce qui permet à Honda de maintenir des prix relativement contenus sur le segment des trails Adventure de moyenne cylindrée, en comparaison de certains concurrents européens qui, eux, font évoluer la carrosserie et la mécanique en parallèle, avec des tarifs généralement plus élevés à l’arrivée.

 

12. La réorganisation de la gamme

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Vers la fin de l’échange, un point est rapidement abordé mais mérite d’être souligné : sur les marchés, Honda a procédé à une réorganisation des versions de l’Africa Twin. La vidéo n’entre pas dans le détail de cette réorganisation, qui demanderait un passage par la grille tarifaire officielle du constructeur et par les catalogues locaux, mais l’information est importante pour quiconque envisage un achat.

Concrètement, cela signifie que les finitions, les options, les bundles d’accessoires d’origine et les niveaux d’équipement ont probablement été redéfinis entre 2023 et 2026. Certaines versions peuvent avoir été supprimées, d’autres ajoutées, et le contenu de série peut varier d’un millésime à l’autre, même si la base mécanique reste identique. C’est un point à vérifier avant tout achat, car le prix affiché d’une « Africa Twin 1100 » peut masquer des différences importantes en termes d’équipements selon l’année et le marché.

Pour vous qui comparez, cela implique de ne pas mettre en regard uniquement les millésimes, mais aussi les finitions disponibles sur le marché local. Une 2023 bien équipée peut s’avérer plus intéressante qu’une 2026 d’entrée de gamme, et inversement. La réorganisation de la gamme est souvent le moment où les constructeurs ajustent leurs prix et leur offre pour rester compétitifs, et c’est une donnée à intégrer dans toute décision d’achat, au même titre que la couleur, la connectivité ou la selle.

 

13. La philosophie Honda : miser sur la continuité

Au fil de la comparaison, une question se pose naturellement : pourquoi Honda n’a-t-il pas fait évoluer la mécanique de l’Africa Twin entre 2023 et 2026 ? La réponse tient en un mot : fiabilité. Sur le segment des trails Adventure, la réputation de la marque nippone repose en grande partie sur la robustesse de ses bicylindres, et toute évolution mécanique mal maîtrisée peut entacher cette image. Mieux vaut, pour le constructeur, ne rien changer que de risquer un retour de bâton.

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Cette approche est d’ailleurs cohérente avec la stratégie globale du constructeur sur ses modèles historiques. Le bicylindre de 1084 cm³ de l’Africa Twin a fait ses preuves sur le terrain, en rallye, en longue randonnée, en usage quotidien. Le modifier, c’est prendre le risque de perdre ce capital de confiance. Les concurrents européens, qui disposent souvent de budgets de développement plus contraints et de cycles de production plus courts, sont contraints de faire évoluer leurs mécaniques plus fréquemment. Honda, avec ses volumes de production et son assise industrielle, peut se permettre de laisser une mécanique stable plus longtemps sans que la pression concurrentielle ne devienne intenable.

Il y a aussi un argument économique qui pèse lourd dans la balance. Faire évoluer un moteur, c’est engager des frais importants : nouveaux outillages, nouveaux prototypes, nouvelles phases d’homologation, nouvelles chaînes d’assemblage, formation complémentaire du réseau après-vente. Pour un constructeur qui vend plusieurs dizaines de milliers d’Africa Twin par an à travers le monde, ces coûts seraient nécessairement répercutés sur le prix de vente final. En conservant la même base technique, Honda maîtrise ses coûts de production et peut maintenir des prix stables, ou en tout cas moins inflationnistes que ce qu’imposerait une refonte complète à chaque changement de millésime.

Pour le consommateur, cette stratégie se traduit par une moto qui conserve une valeur résiduelle plus stable qu’un modèle qui change radicalement de génération tous les deux ou trois ans. L’absence de révolution technique est aussi une forme de garantie : la pièce détachée, l’outillage spécifique, l’expertise mécanique restent les mêmes d’un millésime à l’autre. C’est un confort pour le propriétaire, et c’est aussi un argument de poids pour les flottes, les loueurs, les préparateurs et les écoles de pilotage, qui peuvent conserver un parc hétérogène en âge sans avoir à multiplier les références en stock.

 

14. Faut-il upgrader sa 2023 vers la 2026 ?

La question ne se pose pas pour les acheteurs d’une 2026 neuve, qui bénéficient du dernier millésime et de ses petits raffinements. Elle se pose en revanche pour les propriétaires d’une Africa Twin 1100 millésime 2023, qui se demandent s’il est pertinent de revendre leur moto pour basculer sur la 2026. À la lumière de la comparaison filmée, la réponse est plutôt claire : dans la majorité des cas, l’upgrade n’est pas justifié.

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Les évolutions strictement mécaniques sont nulles, comme on l’a vu plus haut. La bulle réglable existe désormais sur les deux générations si l’on s’en tient au discours des intervenants, et les éléments de carrosserie redessinés n’apportent rien en termes de comportement routier ou de confort dynamique. La selle passager retravaillée est un plus, mais elle seule ne justifie pas un changement de moto, d’autant qu’il existe sur le marché de l’après-vente des selles de rechange de qualité équivalente, proposées par des accessoiristes spécialisés à des prix raisonnables.

Le seul vrai argument qui pourrait inciter à upgrader est la connectivité. Le port USB-C et la compatibilité Apple CarPlay sont des ajouts concrets, qui améliorent l’expérience au quotidien, surtout pour les motards qui utilisent leur smartphone comme GPS principal. Si vous êtes un utilisateur intensif de Waze, de Spotify ou d’autres applications de navigation, le passage à la 2026 peut se révéler pertinent. Dans tous les autres cas, mieux vaut conserver votre 2023, qui reste une moto moderne, fiable, et déjà bien équipée pour la majorité des usages.

Pour les nouveaux acheteurs, le choix se fera principalement sur le prix, la disponibilité en concession et l’équipement de série. Une 2023 en stock, bradée par un concessionnaire qui doit écouler ses invendus, peut représenter une excellente affaire, à condition de vérifier le contenu de la finition et l’état général de la moto. Une 2026 neuve, c’est la garantie d’avoir le dernier look, la dernière connectivité, et l’éventuelle garantie constructeur la plus longue. Les deux options se défendent, et c’est précisément ce que démontre cette comparaison filmée : il n’y a pas de mauvais choix entre ces deux millésimes, seulement des priorités différentes selon votre usage, votre budget et votre rapport à la nouveauté.


Retrouver la vidéo complète ci-dessous :

Pour aller plus loin dans l’analyse de cet article, vous pouvez lire l’article suivant : Gros Trails, CFMoto 1000 MT-X vs Honda Africa Twin par Moto Magazine.

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