Guide d’achat 2026 des modèles de QUAD & SSV CAN-AM

 

Bienvenue dans l’univers fascinant de Can-Am, marque canadienne qui a visiblement décidé que la simplicité était une vertu surfaite. Trois extraits, trois visions complémentaires d’un catalogue que l’on pourrait qualifier de « généreux », à condition d’aimer les répétitions et les acronymes abscons. Préparez-vous à un voyage au cœur d’une gamme où chaque modèle semble avoir été conçu pour rendre le précédent immédiatement obsolète, ou du moins suffisamment distinct par une lettre ajoutée çà et là.

 

1. Le distributeur et ses coordonnées : quand la transparence rime avec formalité

Commençons par l’essentiel, c’est-à-dire l’adresse de celui qui distribuera votre future acquisition. BRP France, sise au Arteparc Bât B, Route de la Côte d’Azur, Le Canet, 13590 Meyreuil. Le numéro ? 04 42 94 25 00. Le site ? www.brp.com. Voilà, vous avez désormais tout ce qu’il faut pour passer commande, commander un catalogue, ou simplement vérifier que l’entreprise existe réellement. Ce qui, avouons-le, est toujours rassurant à l’ère du numérique et des sites-vitrines aussi engageants qu’un menu de cantine.

 

Le format éditorial général oscille entre le guide pratique et la fiche technique brute de données brutes. Pas de poésie, pas de narration, pas d’envolée lyrique sur les sensations que procurera votre futur quad. Juste des chiffres, des lettres, et parfois des espaces vides là où l’on attendrait une information.

 

2. Vingt et un modèles : la modestie à l’état pur

Le chiffre mérite qu’on s’y attarde : vingt et un modèles actuellement en vente. Vingt-et-un. Pour une marque spécialisée dans les quads et les SSV, c’est-à-dire des véhicules qui, fondamentalement, ne diffèrent que par leur carrosserie, leur puissance et quelques lettres ajoutées au nom. Mais comment voulez-vous faire un choix éclairé quand le catalogue ressemble à une grille de mots croisés pour ingénieurs ?

 

Les modèles les plus anciens sont relégués vers des pages d’archives, comme si Can-Am avait décidé que 2011 datait désormais de la préhistoire. Le Commander 1000 EFI XT, par exemple, est commercialisé depuis 2011. Treize années de service, et il figure toujours au catalogue. Bravo pour la longévité, ou condoléances pour l’obsolescence, c’est selon le point de vue.

3. Première fournée : du Commander au Maverick, un festival de lettres

 

Le Commander 1000 EFI XT ouvre le bal avec un bicylindre 4T, 585 kg sur la balance, une puissance variant entre 15 et 63 kW, une cylindrée de 976 cm³, un réservoir de 37,8 litres, et un prix de 20 499 euros. Le Commander 800 R DPS, son cousin légèrement moins puissant (15 à 58 kW, 799,9 cm³, 584 kg), est commercialisé depuis 2010 et facture la modique somme de 16 799 euros. On notera au passage que « DPS » semble signifier quelque chose, mais le catalogue ne prend pas la peine de nous éclairer.

Le DS 90, depuis 2015, constitue l’entrée de gamme avec son monocylindre 4T de 89,5 cm³, ses 113 kg et son réservoir de 6 litres. Prix : 2 799 euros. Destiné aux jeunes pilotes, probablement, ou aux amateurs de quads qui n’ont pas encore acquis le permis de conduire une tondeuse à gazon.

 

Le Defender HD8, depuis 2015, mise sur l’utilitaire avec son bicylindre 4T, 37 kW, 799,9 cm³, 641 kg et un réservoir généreux de 40 litres. À 15 799 euros, il se positionne comme le choix du fermier moderne, ou du chasseur prévoyant.

Viennent ensuite les Maverick, ces véhicules qui ne sont plus vraiment des quads et pas encore des voitures, et qui justifient l’appellation SSV (Side-by-Side Vehicle). Le Maverick Sport DPS 1000R T, depuis 2019, aligne 70 kW (95 chevaux), 976 cm³, 623,7 kg et revendique fièrement une vitesse de pointe supérieure à 100 km/h. Le tarif ? 21 999 euros. Pour le prix, on vous laisse imaginer les sensations.

 

Le Maverick Trail 800R, depuis 2018, propose une version plus accessible avec ses 15 à 58 kW, 799,9 cm³, 596 kg et 13 799 euros. Le Maverick Trail DPS 800 T, depuis 2019, pousse la note à 15 699 euros avec 40 kW et 603,7 kg. Et le Maverick Turbo RR xDS, depuis 2019, représente le sommet de la gamme sportive avec son trois cylindres 4T de 900 cm³, 143 kW et 680 kg. Tarif : non communiqué, sans doute parce que certains prix dépassent l’entendement et qu’il vaut mieux les annoncer en concession, face à un conseiller commercial prêt à amortir le choc.

 

4. Deuxième extrait : la valse des fiches techniques

Le second extrait nous plonge dans les arcanes d’un catalogue de fiches techniques, celui de motoservices.com, qui recense dix modèles quads et SSV datant de 2011 à 2019. La répartition est claire : d’un côté, les Maverick, côté sport/SSV, avec un poids oscillant entre 588 et 719 kg, des pneus de 27 à 30 pouces et un réservoir de 37 à 40 litres. De l’autre, les Outlander, côté utilitaire, avec un poids plus modeste de 308 à 374 kg, des pneus de 25 pouces et un réservoir de seulement 20,5 litres.

 

La famille Maverick affiche des motorisations de 900 cm³ (trois cylindres) ou 976 cm³ (bicylindre), des puissances de 96,5 à 143 kW, et des prix allant de 21 299 à 29 999 euros. Le Maverick X3 ds est le seul à révéler sa vitesse de pointe : 140 km/h, avec 113,3 kW à 7 500 tr/min. La famille Outlander, quant à elle, propose des motorisations de 427 à 976 cm³ (mono ou bicylindre), des puissances de 15 à 61 kW, et des prix de 7 599 à 17 399 euros.

L’Outlander 450 représente l’entrée de gamme à 7 599 euros, avec un monocylindre de 427 cm³, 26,5 kW et 308 kg. Le Maverick Turbo RR xDS, comme évoqué, trône au sommet avec 143 kW et 28 999 euros. Le Renegade 1000R X xc dispose d’une fiche incomplète, et son prix n’est pas communiqué, comme si le mystère faisait partie de l’argumentaire commercial.

 

5. Troisième extrait : les Renegade et le Traxter, ou l’art du nom à rallonge

Le troisième extrait se concentre sur cinq modèles quads (quatre Renegade X xc et un Traxter MAX HD10 T), tous équipés de bicylindres 4T, preuve que Can-Am a fait le choix de la simplicité en matière de motorisation. Les dates de disponibilité s’échelonnent : Renegade 1000R X xc depuis 2012, 570 X xc depuis 2015, 850 X xc depuis 2016, 650 X xc depuis 2018, et Traxter MAX HD10 T depuis 2019.

 

Les cylindrées varient : 499,6 cm³, 649,6 cm³, 799,9 cm³, 976 cm³ pour les Renegade, et 976 cm³ pour le Traxter. Les puissances s’étalent de 15/35 kW pour le 570 à 18/59 kW pour le 650, en passant par 15/50 kW pour le 850, 15/65 kW pour le 1000R, et 60 kW pour le Traxter MAX HD10 T. Le double chiffre, comme c’est l’usage dans le domaine, représente probablement la puissance homologuée et la puissance réelle, mais le catalogue ne se donne pas la peine de préciser.

Le poids oscille entre 279 kg pour le 570 et 812 kg pour le Traxter, avec des valeurs intermédiaires de 303 à 314 kg pour les autres Renegade. Les points communs des Renegade incluent une hauteur de selle de 877 mm, un réservoir de 20,5 litres, des pneus de 25×8-12 à l’avant et 25×10-12 à l’arrière, et un frein arrière à un disque ventilé (sauf pour les 650 et 850 qui bénéficient de deux disques). Le Traxter MAX HD10 T, avec son gabarit utilitaire, chausse des pneus de 27x9x14 à l’avant et 27x11x14 à l’arrière, embarque un réservoir de 40 litres, mais ne communique pas sa hauteur de selle.

 

Côté tarif, la fourchette va de 10 299 euros pour le 570 à 22 699 euros pour le Traxter. Le Renegade 650 est à 12 499 euros, le 850 à 14 899 euros, le 1000R à 16 899 euros. Aucune vitesse de pointe n’est communiquée, ce qui est dommage pour des véhicules dont on imagine qu’ils sont censés rouler à une certaine allure.

6. Le syndrome du « N.C. » : quand l’opacité devient méthode

 

À la lecture de ces trois extraits, un motif récurrent s’impose : la présence massive de « N.C. » dans les fiches techniques. Hauteur de selle : N.C. Vitesse maximale : N.C. Régime de puissance : N.C. On pourrait saluer la discrétion de la marque si elle ne cherchait pas simultanément à vendre des véhicules à plus de 20 000 euros. Un quad à 21 999 euros dont la vitesse maximale n’est pas communiquée, voilà qui laisse rêveur. Sans doute faut-il préserver le suspens.

 

Seul le Maverick Sport DPS 1000R T daigne révéler qu’il dépasse les 100 km/h, et le Maverick X3 ds affiche fièrement 140 km/h. Pour tous les autres, mystère. Peut-être que la vitesse est considérée comme une donnée trop triviale pour mériter d’être publiée, au même titre que la consommation ou la sonorité, deux autres informations soigneusement absentes des fiches.

7. Le contraste assumé entre sport et utilitaire

 

Le catalogue Can-Am met donc en scène une dualité assumée entre une gamme sportive (Maverick) qui revendique des puissances à faire pâlir certaines automobiles, et une gamme utilitaire (Outlander, Defender, Traxter) qui privilégie la robustesse et la capacité de charge. Le contraste est explicite : d’un côté, des véhicules qui flirtent avec les 150 kW et les 700 kg ; de l’autre, des machines plus modestes qui se contentent de 30 ou 60 kW et d’un poids maîtrisé.

Les prix suivent la même logique : 7 599 euros pour l’Outlander 450 d’entrée de gamme, contre 29 999 euros pour le Maverick Turbo RR xDS. Le rapport est presque de un à quatre, ce qui laisse une marge de manœuvre certaine pour le portefeuille du consommateur, ou du moins pour celui qui parviendra à s’y retrouver dans la nomenclature.

 

8. Ce que le catalogue ne dit pas

Au-delà des chiffres et des lettres, force est de constater que le catalogue pèche par omission. Pas de données de consommation, pas d’indications sur la sonorité, pas d’arguments commerciaux autres que des spécifications brutes. Les visuels et liens externes existent, certes, mais ne sont pas analysés ici. La section « Autres marques » et les accessoires sont listés sans contenu utile, comme un aveu d’impuissance éditorial.

 

Aucune date de mise à jour du guide n’est mentionnée, aucune période de validité des prix non plus. Le consommateur intéressé est donc invité à faire confiance, ou à décrocher son téléphone. Après tout, le numéro est fourni, et l’adresse aussi. Le reste n’est qu’une affaire de négociation, et peut-être de patience.

9. L’homologation, ou l’art de la double mesure

 

Les fiches techniques des Renegade affichent toutes le même type de doublon : 15/35 kW pour le 570, 15/50 kW pour le 850, 15/65 kW pour le 1000R. Cette formulation à deux chiffres n’est pas un caprice de rédacteur : elle trahit une stratégie d’homologation bien connue dans le milieu du quadricycle. Le premier chiffre correspond à la puissance administrative bridée pour permettre la conduite avec un simple permis B ou un permis quadricycle léger, tandis que le second révèle la puissance réelle du moteur, celle qui sort effectivement du vilebrequin une fois le limiteur de puissance retiré, ou simplement débranché.

 


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